Protection hépato-rénale du céleri (Apium graveolens) contre la toxicité de la gentamicine, via la voie Nrf2, chez la souris
Source : Avicenna Journal of Phytomedicine, 2025 · PMCID PMC12244956 · Type : étude in vitro et in vivo (souris)
Objectif
Étudier l’effet protecteur d’extraits de céleri (Apium graveolens) contre la toxicité hépatique et rénale induite par la gentamicine, un antibiotique aminoside dont l’usage prolongé provoque des atteintes du foie et des reins par stress oxydatif. Aucun antidote n’est aujourd’hui approuvé.
Méthodes
Deux extraits ont été préparés : aqueux (WAG) et hydro-éthanolique 30:70 (HAG). Leurs activités antioxydantes ont d’abord été mesurées in vitro (piégeage des radicaux DPPH, hydroxyle, monoxyde d’azote ; pouvoir réducteur ; inhibition de la peroxydation lipidique), en comparaison à la vitamine C. Leur effet cytoprotecteur a ensuite été testé sur des hépatocytes primaires de souris intoxiqués par la gentamicine. Enfin, des souris ont reçu de la gentamicine (20 mg/kg) pendant 14 jours, avec ou sans co-traitement par le HAG (25 ou 100 mg/kg) ou la silymarine de référence (100 mg/kg). Analyses : marqueurs biochimiques du foie (ALT, AST) et du rein (créatinine, urée), marqueurs de stress oxydatif (MDA, GSH, SOD, catalase), histopathologie et expression des gènes Nrf2 et HO-1 par qRT-PCR.
Résultats
- In vitro : les deux extraits possèdent de fortes activités antioxydantes, le HAG étant le plus actif (par ex. inhibition de la peroxydation lipidique IC50 17,6 µg/ml), comparables à la vitamine C.
- Hépatocytes : la gentamicine (LC50 ≈ 13,45 mM) réduit la viabilité, augmente la fuite d’ALT et de MDA et épuise le glutathion. Le co-traitement par HAG ou silymarine (10 et 100 µg/ml) préserve significativement les cellules ; le WAG n’est protecteur qu’à 100 µg/ml. Le HAG a donc été retenu pour l’étude in vivo.
- In vivo : la gentamicine seule élève fortement l’urée, la créatinine, l’ALT et l’AST, et provoque nécrose hépatique, infiltrat inflammatoire et lésions tubulaires/glomérulaires rénales. Le HAG (25 et 100 mg/kg) atténue significativement ces élévations biochimiques et les lésions histologiques, l’effet étant plus marqué à 100 mg/kg.
- Stress oxydatif : le HAG restaure le GSH, la SOD et la catalase et diminue le MDA dans le foie et les reins.
- Voie Nrf2 : la gentamicine réduit l’expression des ARNm de Nrf2 et HO-1 ; le HAG (100 mg/kg) augmente Nrf2 jusqu’à 2,5 fois et HO-1 jusqu’à 2,2 fois.
- Innocuité : le HAG seul (100 mg/kg) n’entraîne ni perte de poids ni lésion hépatique ou rénale, ce qui suggère son absence de toxicité.
Conclusion
L’extrait hydro-éthanolique de céleri atténue les lésions hépatiques et rénales induites par 14 jours de gentamicine chez la souris, en restaurant les défenses antioxydantes endogènes via l’activation de la voie de signalisation Nrf2 et de son gène cible HO-1. Les auteurs soulignent les limites (petit effectif, mécanisme étudié seulement au niveau transcriptionnel) et la nécessité d’études complémentaires. Résultat préclinique, non transposable en l’état à l’humain.