Activité anticonvulsivante du Vacha (Acorus calamus) brut et traité selon la pharmacopée classique

Type d’étude : expérimentation animale (rat, modèle d’électrochoc maximal) Source : Ayu, 2012 — DOI 10.4103/0974-8520.100328 (PMC3456849)

Contexte

Le rhizome de Vacha est employé en médecine ayurvédique contre l’épilepsie, les céphalées, l’insomnie et les pertes de mémoire. La pharmacopée ayurvédique recommande un Shodhana (procédé de purification classique) avant usage. Cette étude compare l’activité anticonvulsivante du rhizome brut et du rhizome purifié afin d’évaluer si la purification modifie l’efficacité.

Méthode

Les rhizomes ont été récoltés dans le Tamil Nadu, puis une partie a subi le Shodhana : ébullitions successives dans l’urine de vache (Gomutra) et diverses décoctions de plantes, suivies d’un séchage à l’ombre. Rats albinos (200 ± 10 g), répartis en quatre groupes de six : témoin (véhicule), Vacha brut (RV) et Vacha purifié (SV) à 11 mg/kg par voie orale, et phénytoïne (25 mg/kg, référence). Les crises étaient induites par électrochoc maximal (MES : 150 mA, 60 Hz, 0,2 s) et les phases mesurées 60 minutes après administration.

Résultats

Les deux échantillons (RV et SV) ont réduit de façon significative la durée de la phase d’extension tonique. La protection contre les crises MES était de 31,76 % pour le rhizome brut et de 36,48 % pour le rhizome purifié. Les deux ont raccourci les autres phases (flexion, convulsion, stupeur), mais seule la réduction des phases de clonus et de stupeur dans le groupe SV a atteint la significativité statistique. La phénytoïne a aboli la phase d’extension tonique et raccourci significativement toutes les phases.

Interprétation et conclusion

L’inhibition du test MES prédit une activité contre les crises tonico-cloniques généralisées ; l’effet observé est attribué à une régulation de l’inhibition synaptique médiée par le GABA (inhibition de la GABA-transaminase, mécanisme déjà décrit pour l’huile essentielle d’Acorus). Le meilleur profil du rhizome purifié est rapporté aux principes actifs acquis lors du Shodhana (urine de vache, décoction de Sphaeranthus indicus), eux-mêmes anticonvulsivants.

Conclusion des auteurs : l’activité anticonvulsivante du Vacha est confirmée, et le procédé classique de purification ne diminue pas l’efficacité — il l’améliore plutôt. Il s’agit d’une étude préliminaire sur modèle animal, à un seul niveau de dose.