Agripaume cardiaque : hépatoprotection avec Mentha aquatica et Lavandula dentata

Source : PMCID PMC6719046 — Antioxidants (2019), DOI 10.3390/antiox8080267 Type : Étude phytochimique et in vitro (association de trois plantes ; l’agripaume n’y est qu’un composant)

Objectif

Déterminer la composition phénolique d’extraits hydroéthanoliques de trois Lamiacées cultivées en agriculture biologique — Mentha aquatica L. (menthe aquatique), Lavandula dentata L. (lavande dentée) et Leonurus cardiaca L. (agripaume cardiaque) — et évaluer in vitro leurs effets hépatoprotecteurs, en reliant activité antioxydante et profil phénolique. L’agripaume n’est ici qu’une des trois plantes étudiées en parallèle.

Méthodes

Extraits hydroéthanoliques (éthanol 80 %) enrichis en composés phénoliques. Activité antioxydante mesurée par pouvoir réducteur, piégeage du DPPH et du NO, et inhibition de la 5-lipoxygénase (5-LOX). Effets cytoprotecteurs testés sur cellules hépatiques humaines HepG2 (test MTT, production de ROS par cytométrie) face au dichromate de potassium (agent oxydant). Profil phénolique établi par chromatographie liquide et spectrométrie de masse.

Résultats

Ordre d’activité antioxydante (DPPH, pouvoir réducteur) : M. aquatica > L. dentata > L. cardiaca. L’agripaume, bien que la plus riche en composés phénoliques totaux (500 ± 49 µg/mg, contre 307 pour M. aquatica et 94 pour L. dentata), n’a montré qu’une activité biologique faible dans les modèles chimiques et cellulaires. Son extrait était riche en glycosides phényléthanoïdes, surtout la lavandulifolioside (254 ± 36 µg/mg) et la verbascoside (137 ± 20 µg/mg) ; le leucoseptoside A et le leonoside B y ont été détectés pour la première fois.

Sur cellules HepG2, l’extrait d’agripaume était le moins toxique (effet négatif sur la viabilité seulement au-delà de 100 µg/mL, contre 50 µg/mL pour les deux autres). L’effet cytoprotecteur revenait surtout à M. aquatica (réduction des ROS, protection partielle contre une toxicité légère prolongée) et l’efficacité anti-ROS à L. dentata. Aucun extrait n’a empêché la perte de viabilité en conditions de forte toxicité.

Conclusion

L’intérêt hépatoprotecteur revient surtout à M. aquatica et L. dentata (liés à leurs flavanones et à l’acide rosmarinique). L’agripaume cardiaque, malgré sa richesse phénolique, n’a montré que des effets biologiques faibles : ses principaux composés phénoliques ont de faibles propriétés antioxydantes et cytoprotectrices dans ce modèle.