Airelle des marais — des extraits de baies d’Alaska favorisent la réparation des plaies cutanées

Source : Frontiers in Pharmacology, 2019, 10:1058 (PMC6776586). Étude in vitro sur cellules.

Important : cette étude porte sur un ensemble de baies sauvages d’Alaska, dont l’airelle des marais (Vaccinium uliginosum, appelée ici « bog blueberry ») n’est qu’une des espèces testées. Sont aussi étudiés la camarine noire (Empetrum nigrum, crowberry) et l’airelle rouge / airelle vigne-d’Ida (Vaccinium vitis-idaea, lingonberry). Les baies ont été cueillies à maturité près de Fairbanks (Alaska).

Objectif et méthode

Les auteurs cherchent des constituants végétaux utiles à la cicatrisation, en s’appuyant sur l’usage traditionnel des baies d’Alaska pour les plaies cutanées. Extraits bruts, extraits enrichis en polyphénols et fractions enrichies en anthocyanes (ANC) ou en proanthocyanidines (PAC) ont été préparés pour chaque baie. Modèles : essai de migration de fibroblastes dermiques humains (HDFa, fermeture de plaie), macrophages RAW 264.7 stimulés par LPS (inflammation : ROS, NO, COX-2, iNOS), puis étude de composés isolés (procyanidine B2, épicatéchine et métabolites) sur cicatrisation, bioénergétique mitochondriale et expression génique.

Résultats réels

Migration cellulaire : parmi les extraits enrichis en polyphénols, c’est l’airelle des marais qui stimulait le plus activement la migration des fibroblastes (fermeture de plaie), les autres baies ayant des effets divergents liés à leur composition. Dans l’airelle des marais, glucosides de malvidine et de delphinidine représentaient plus de 70 % des anthocyanes.

Inflammation (macrophages) : les extraits enrichis en polyphénols ne réduisaient pas la production de ROS, mais les fractions ANC et PAC l’abaissaient d’environ 25 %. La synthèse de NO était légèrement supprimée par tous les traitements, surtout les fractions PAC. L’expression de COX-2 était fortement inhibée par l’extrait d’airelle des marais et ses fractions ; la fraction PAC d’airelle des marais donnait la plus forte inhibition de COX-2 (45 %). L’expression d’iNOS était réduite (> 25 %) par tous les extraits.

Mécanismes (composés isolés) : la procyanidine B2 et ses sous-unités modulaient des gènes de la matrice extracellulaire et de l’adhésion — hausse de COL1A2 (collagène de type I), ITGB1 (intégrine β1), RHOA, et baisse de MMP2 et CCL2 — évoquant une résolution plus précoce de la phase inflammatoire. L’épicatéchine et son métabolite HPCA favorisaient le mieux la fermeture de plaie et stimulaient la respiration mitochondriale (hausse de la consommation d’oxygène maximale, de la production d’ATP, baisse de la fuite de protons). La procyanidine B2 seule augmentait la glycolyse.

Conclusion des auteurs

Les polyphénols des baies sauvages d’Alaska, avec un rôle marquant de l’airelle des marais pour la migration des fibroblastes et l’inhibition de COX-2, favorisent la réparation cutanée via la modulation de la bioénergétique mitochondriale et de la signalisation intégrine–matrice. Résultats précliniques in vitro, sur population cellulaire homogène.