Airelle des marais — une fraction enrichie en polyphénols protège de la cataracte au sélénite chez le raton

Source : Choi SW et coll., Molecular Vision, 2019 (PMC6379086). Étude expérimentale chez le jeune rat Sprague-Dawley.

Objectif et méthode

Les auteurs testent si une fraction enrichie en polyphénols d’Vaccinium uliginosum (notée FH) prévient la formation de la cataracte, modèle de la cataracte liée à l’âge. Soixante ratons ont été répartis en six groupes : témoin (CTL), sélénite seul (Se), FH40, FH80, FH120 (FH à 40, 80 et 120 mg/kg) et Cur80 (curcumine 80 mg/kg, comparateur). La cataracte était induite par une injection sous-cutanée de sélénite de sodium (18 µmol/kg) au 10ᵉ jour postnatal ; FH ou curcumine étaient administrés par gavage aux jours 9, 10 et 11. Les ratons étaient sacrifiés au 30ᵉ jour et le cristallin analysé (morphologie, protéines, expression génique, marqueurs du stress oxydant).

Résultats réels

L’analyse morphologique du cristallin montre que FH inhibe la formation de la cataracte de façon dose-dépendante. Dans le groupe sélénite seul, les protéines solubles s’insolubilisaient et l’expression des gènes des cristallines α, β et γ était abaissée ; le traitement FH inhibait significativement cette insolubilisation et cette baisse d’expression. Le sélénite abaissait aussi les niveaux (gène et protéine) de la m-calpaïne, effet atténué par FH.

Sur le plan du stress oxydant, l’injection de sélénite réduisait les enzymes antioxydantes (superoxyde dismutase SOD, glutathion peroxydase GPx), épuisait le glutathion (GSH) et augmentait la production de malondialdéhyde (MDA, marqueur de peroxydation lipidique) dans le cristallin. L’administration de FH contrait ce stress oxydant de manière dose-dépendante. Le mécanisme de protection passait notamment par la préservation de la voie Nrf2/HO-1 (résumé de l’abrégé).

Conclusion des auteurs

La fraction polyphénolique d’airelle des marais protège le cristallin du raton contre la cataracte induite par le sélénite, en préservant la solubilité des protéines (dont les cristallines), en maintenant les défenses antioxydantes et en limitant la protéolyse médiée par la m-calpaïne. Il s’agit d’un résultat précoce, obtenu chez l’animal, qui ne préjuge pas d’un effet chez l’humain.