Anchuse d’Italie — potentialise l’efficacité du cisplatine dans les cancers oral et osseux via les voies IL-17 et TNF-α

Source — PMID : (non indiqué) · PMCID : PMC13264614 · DOI : 10.1038/s41598-026-56489-3 · Scientific Reports, 2026 Type — Étude expérimentale : profilage métabolomique, essais in vitro sur lignées cellulaires et pharmacologie des réseaux (texte intégral).

Objectif

Évaluer les effets anticancéreux synergiques potentiels d’un extrait méthanolique d’Anchusa azurea (AAME) associé au cisplatine (Cis), un chimiothérapique aux effets indésirables sérieux, contre des lignées de cancers osseux, cutané et oral. L’étude visait aussi à caractériser les métabolites de l’extrait et à explorer la modulation des voies inflammatoires IL-17 et TNF-α.

Méthodes

Extrait méthanolique (80 %) des parties aériennes d’A. azurea achetées en Égypte (rendement 10,5 %), défatté. Lignées : normale HSF, os MG63, peau A375, oral HNO97. Cytotoxicité par test SRB ; synergie évaluée par indice de combinaison (CI) et indice de réduction de dose (DRI) via Compusyn (CI < 1 = synergie). Analyse du cycle cellulaire et de l’autophagie (orange d’acridine) par cytométrie en flux ; expression protéique (TNF-α, IL-17, Casp3, Casp8, JNK, NF-κB, TRAF6, MAPK, AP1) par Western blot. Profilage par HRLC-MS/MS et HPLC ; contenus phénolique (TPC) et flavonoïdique (TFC) ; activité DPPH ; pharmacologie des réseaux ; activité antibactérienne (disque, CMI) contre Staphylococcus aureus et Acinetobacter baumannii.

Résultats

L’AAME a inhibé la prolifération des cellules MG63 (IC50 156,2 µg/mL) et HNO97 (IC50 139,2 µg/mL) en épargnant les cellules normales HSF ; aucune cytotoxicité sur A375. AAME et Cis se sont montrés synergiques (CI < 1), surtout sur HNO97 : la combinaison AAME 250 µg/mL + Cis 7,045 µg/mL a inhibé 86 % de la viabilité (CI le plus bas = 0,055), permettant de réduire la dose de cisplatine d’environ 71,84 %. Les traitements ont diminué de façon synergique TNF-α, p/t-JNK, IL-17, pNFκB/tNFκB, TRAF6, pMAPK/tMAPK et AP1, augmenté Casp3 et Casp8, provoqué un arrêt du cycle cellulaire (Sub-G1 et G2/M) et renforcé l’autophagie. TPC = 5,46 mgGAE/gE et TFC = 0,13 mgRE/gE ; activité antioxydante faible (EC50 DPPH 209,67 µg/mL, contre 42,36 pour l’acide gallique et 13,24 pour la rutine). L’HRLC-MS/MS a annoté 50 métabolites (phénols et dérivés de flavonoïdes), avec prévalence d’acide rosmarinique, quercétine et kaempférol ; en HPLC, composés majeurs : acides caféique et chlorogénique, rutine, hespérétine. En pharmacologie des réseaux, 90 gènes communs entre les constituants de l’AAME et le cancer oral, avec enrichissement des voies IL-17, TNF-α, Relaxine, FoxO et PI3K-Akt (associations prédictives in silico). Antibactérien : activité modérée contre S. aureus (zone 16 mm vs 34 mm pour la ciprofloxacine ; CMI 12,5 mg/mL), aucun effet contre A. baumannii résistant.

Conclusion

A. azurea renforce in vitro les effets anticancéreux du cisplatine en modulant les voies IL-17, TNF-α et apoptotiques, offrant une stratégie adjuvante prometteuse. Les auteurs soulignent que ces résultats reposent sur des modèles in vitro et des analyses in silico (associations prédictives, non validées expérimentalement) ; des études in vivo sont nécessaires pour confirmer efficacité, sécurité et interactions.