L’infusion d’androsème (Hypericum androsaemum) AUGMENTE l’hépatotoxicité induite par le tert-butyl hydroperoxyde in vivo chez la souris
Source : Valentão P, Carvalho M, Carvalho F, Fernandes E, das Neves RP, Pereira ML, Andrade PB, Seabra RM, Bastos ML. Journal of Ethnopharmacology, octobre 2004 ; 94(2-3):345-51. DOI : 10.1016/j.jep.2004.06.012 — PMID : 15325741 — Type : étude expérimentale in vivo (souris) (abstract seul).
Objectif
La production soutenue de niveaux élevés d’espèces réactives de l’oxygène (ROS) peut causer une hépatotoxicité. Le tert-butyl hydroperoxyde (t-BHP), analogue à chaîne courte d’un peroxyde lipidique, est métabolisé en intermédiaires radicalaires par le cytochrome P450 des hépatocytes, initiant peroxydation lipidique, déplétion du glutathion et lésions cellulaires. L’étude visait à évaluer l’effet protecteur présumé de l’infusion lyophilisée d’H. androsaemum contre l’hépatotoxicité induite par le t-BHP chez la souris in vivo — plante dont l’activité antioxydante avait déjà été montrée in vitro.
Méthodes
Des souris ont reçu par voie orale l’infusion lyophilisée d’H. androsaemum (4, 20 et 100 mg/kg) pendant 4 jours, avant une dose intrapéritonéale unique de t-BHP (1,8 mmol/kg). Ont été mesurés les taux de glutathion total et réduit (GSH), de glutathion oxydé (GSSG), ainsi qu’une évaluation histopathologique des foies.
Résultats
Contrairement à l’effet attendu, le prétraitement oral par l’infusion a POTENTIALISÉ l’hépatotoxicité induite par le t-BHP. Une potentialisation de la déplétion du glutathion total et du GSH ainsi qu’une augmentation du GSSG ont été observées. L’examen histopathologique des foies a révélé que l’infusion augmentait l’incidence des lésions hépatiques induites par le t-BHP.
Conclusion
Ces données ne confirment aucun effet hépatoprotecteur de l’infusion d’androsème, mais indiquent au contraire un rôle de POTENTIALISATEUR de l’hépatotoxicité dans ces conditions expérimentales. Signal de sécurité important : ce résultat in vivo est OPPOSÉ à celui observé in vitro sur hépatocytes isolés par les mêmes auteurs (PMID 15099852), où l’infusion était protectrice. Un extrait antioxydant in vitro peut donc se révéler délétère pour le foie in vivo — prudence requise.