Ashwagandha — modulation hormonale (dont testostérone) : revue systématique et méta-analyse d’essais randomisés (2026)
Source : PMID 41740946 · Méta-analyse · (abstract seul)
Objectif
Les déséquilibres hormonaux, impliquant notamment les axes hypothalamo-hypophyso-surrénalien et gonadique, contribuent à des affections chroniques telles que les troubles liés au stress, l’infertilité et la dérégulation métabolique. L’ashwagandha (Withania somnifera L.) a été proposée comme modulateur oral potentiel de la fonction endocrinienne en raison de ses propriétés adaptogènes. Cette revue vise à évaluer systématiquement les effets de la supplémentation orale en ashwagandha sur les taux hormonaux circulants chez l’adulte.
Méthodes
La recherche documentaire a inclus MEDLINE, Embase et ClinicalTrials.gov. Le protocole a été enregistré dans PROSPERO (CRD42024611576). Ont été inclus les essais randomisés contrôlés par placebo chez l’adulte évaluant l’ashwagandha orale versus placebo et rapportant des variations des taux hormonaux. Deux relecteurs ont indépendamment sélectionné les études, extrait les données synthétiques et évalué le risque de biais à l’aide de l’outil Cochrane. Les méta-analyses ont été menées avec un modèle à effets aléatoires pour calculer des différences moyennes (DM) ou des différences moyennes standardisées (DMS), l’hétérogénéité et le biais de publication étant évalués respectivement par l’I² et le test d’Egger.
Résultats
Vingt-trois essais ont été inclus, totalisant 1 706 patients. L’ashwagandha a significativement réduit le cortisol (DMS = -1,18 ; p < 0,04) et augmenté la sérotonine (DM = 31,75 ng/ml ; p < 0,01). Les analyses en sous-groupes suggéraient de possibles effets dose-réponse en fonction de la teneur en withanolides. Aucun effet n’a été trouvé sur la TSH ou la T3, mais les taux de T4 ont modestement augmenté (DM = 0,61 µg/dL ; p = 0,02). L’ashwagandha a augmenté la testostérone chez les hommes (DM = 57,43 ng/dl) mais pas chez les femmes (DM = 5,09 ng/dl), avec une différence significative entre les sexes. Ce traitement n’a pas influencé les taux d’œstradiol (E2) dans l’un ou l’autre sexe.
Conclusion
La supplémentation en ashwagandha semble moduler des voies hormonales clés, en particulier le cortisol et les hormones sexuelles. Cependant, l’hétérogénéité et les données limitées sur certains critères justifient de nouveaux essais standardisés.