Avocatier — effets du fruit et de ses sous-produits sur les voies moléculaires de l’oxi-inflammation : revue systématique d’essais cliniques randomisés (2026)

Source : PMID 41865277 · Revue systématique · (abstract seul)

Objectif

L’inflammation chronique et le stress oxydatif sont associés au développement de maladies chroniques telles que le diabète, l’arthrose et les affections cardiovasculaires, tandis que l’avocat (Persea americana) possède un potentiel anti-inflammatoire et antioxydant, ce qui soutient sa prescription nutritionnelle et nutraceutique. Cette revue visait à étudier les effets de la consommation aiguë et chronique d’avocat et de ses sous-produits sur les voies moléculaires liées à l’oxi-inflammation chez l’adulte.

Méthodes

Revue systématique interrogeant les bases PubMed, Embase et Cochrane de mai 2024 à avril 2025. Pour identifier les essais cliniques randomisés (ECR), les critères PICOS (Population, Intervention, Comparateur, Résultats, Type d’étude) et les recommandations PRISMA ont été utilisés. Le risque de biais a été analysé avec l’outil JBI (Joanna Briggs Institute). Un modèle théorique nutrigénomique a en outre été élaboré et validé par des experts pour intégrer les résultats cliniques aux données mécanistiques sur les voies transcriptionnelles liées à l’oxi-inflammation.

Résultats

Parmi 982 études identifiées, 14 ECR (n = 2438) de qualité modérée à élevée ont été inclus : 10 évaluaient la pulpe d’avocat, 3 les insaponifiables avocat-soja (ASU), et 1 l’effet de la pulpe et de la poudre de peau d’avocat. Les sous-produits comprenaient pulpe fraîche, pulpe associée aux repas, farine de pulpe lyophilisée et acides gras extraits de la pulpe (ASU). Sur les 4 études postprandiales (n = 67), avec des doses de 68 à 489 g de pulpe d’avocat, 3 ont montré une réduction de marqueurs inflammatoires tels que le TNF-α, le NF-κB et l’interleukine 6 (IL-6), ainsi qu’une augmentation de la capacité antioxydante totale. Dans les 10 études chroniques (n = 2371), d’une durée moyenne de 18,4 ± 5,6 semaines, avec des doses de 300 mg/j d’ASU ou d’avocat en quantités et types variés, les concentrations d’interleukine-1 bêta (IL-1β), de TNF-α et de LDL oxydées (ox-LDL) étaient réduites, tandis que les enzymes antioxydantes telles que la superoxyde dismutase (SOD), la catalase (CAT) et le glutathion (GSH) augmentaient chez des personnes en surpoids, obèses ou arthrosiques, par rapport au groupe témoin placebo. Une seule étude chronique a examiné l’expression génique des marqueurs inflammatoires et de stress oxydatif, soulignant une lacune de recherche dans ce domaine. Bien que la revue soit conceptuellement ancrée dans une perspective nutrigénomique, les auteurs reconnaissent le nombre limité d’ECR évaluant directement l’expression génique ou les résultats transcriptomiques. Le modèle validé a mis en évidence une modulation potentielle des voies antioxydantes dépendantes de Nrf2 et une inhibition de la signalisation TLR4/NF-κB par les composés bioactifs de l’avocat et de ses sous-produits.

Conclusion

Malgré les données limitées sur l’expression génique, les résultats suggèrent que la consommation aiguë comme chronique d’avocat pourrait moduler favorablement l’oxi-inflammation, surtout dans les conditions pro-inflammatoires. Le modèle théorique renforce la plausibilité biologique des observations cliniques et fournit un cadre mécanistique. D’autres études, avec une approche moléculaire, sont nécessaires. Enregistrement PROSPERO n° CRD42024567854.