Bardane commune — potentiel immunopharmacologique dans les maladies cutanées à médiation immunitaire : revue critique des preuves expérimentales et cliniques (2025)

Source : PMID 41111517 · Revue · (abstract seul)

Objectif

Arctium lappa L. est utilisée dans la médecine traditionnelle du monde entier et fait l’objet d’un intérêt croissant pour ses effets immunomodulateurs et anti-inflammatoires. Sa pertinence thérapeutique dans les maladies cutanées à médiation immunitaire (MCMI) reste toutefois incomplètement définie. Cette revue évalue de façon critique les preuves expérimentales et cliniques concernant A. lappa et ses principaux lignanes, l’arctiine et l’arctigénine, dans les MCMI, dont la dermatite atopique, le psoriasis, le lupus érythémateux disséminé, l’alopécie, la sclérose systémique et les vascularites.

Méthodes

Les auteurs ont interrogé systématiquement PubMed, Web of Science et Scopus jusqu’en juillet 2025 à l’aide de mots-clés définis. Les études éligibles comprenaient des travaux in vitro, in vivo et cliniques évaluant les effets immunologiques et dermatologiques des extraits d’A. lappa ou de ses métabolites purifiés.

Résultats

Les études précliniques ont montré que les extraits d’A. lappa et leurs lignanes modulent des voies inflammatoires clés, dont les voies de signalisation NF-κB, JAK/STAT et de l’inflammasome NLRP3. Les données indiquent des effets protecteurs sur l’hyperprolifération des kératinocytes, l’activation des mastocytes, la fibrose des fibroblastes dermiques et l’inflammation de l’endothélium vasculaire. La plupart des données proviennent toutefois de modèles in vitro ou murins utilisant des préparations hétérogènes, avec une validation clinique limitée. Les doses rapportées vont de 10 à 100 μM dans les essais cellulaires à 15-100 mg/kg dans les études animales, mais les données pharmacocinétiques et de sécurité restent insuffisantes.

Conclusion

A. lappa présente un potentiel immunopharmacologique prometteur pour les MCMI, mais les preuves demeurent préliminaires. La littérature actuelle est limitée par la variabilité des préparations d’extraits, l’absence de posologie standardisée et le manque d’essais cliniques randomisés robustes. Les recherches futures devraient prioriser une caractérisation phytochimique standardisée, des modèles animaux translationnels, des études pharmacocinétiques et des investigations cliniques contrôlées afin d’établir l’efficacité et la sécurité.