Benoîte commune — inhibition de la formation du biofilm du SARM et activité antinéoplasique cutanée d’extraits (acétate d’éthyle) de racines et parties aériennes de Geum urbanum (2025)
Source : PMID 40723931 · Étude in vitro · (abstract seul)
Objectif : Le pathogène opportuniste Staphylococcus aureus provoque des infections de la peau et des tissus mous associées à la formation de biofilm, pouvant évoluer, chez les patients immunodéprimés, vers des infections du site opératoire, une pneumonie, une bactériémie, une septicémie, voire le décès. La plupart des antibiotiques n’atteignent que les cellules vivantes en division à la surface du biofilm, riche en nutriments et en oxygène, tandis qu’en profondeur subsistent des cellules à croissance lente. L’étude visait à évaluer le potentiel antibiofilm d’extraits à l’acétate d’éthyle de racines (EtOAcR) et de parties aériennes (EtOAcAP) de la plante bulgare vivace Geum urbanum L. contre S. aureus résistant à la méticilline (SARM) NBIMCC 8327.
Méthodes : Les effets des deux extraits sur l’expression des gènes liés au biofilm, icaA et icaD, ont été étudiés. La cytotoxicité de EtOAcR et EtOAcAP a été déterminée sur les lignées A-375 (mélanome humain), A-431 (cancer épidermoïde cutané) et HaCaT (kératinocytes normaux), ainsi que l’induction de l’apoptose. Enfin, le potentiel d’irritation cutanée in vivo de l’extrait le plus actif a été étudié.
Résultats : Les deux extraits ont inhibé la formation de biofilm à des concentrations n’affectant pas la croissance bactérienne. De façon intéressante, l’expression d’icaA et icaD était augmentée, bien que le développement du biofilm ait été inhibé de 72,4 à 90,5 % par EtOAcAP et de 18,9 à 20,4 % par EtOAcR à des concentrations sous-inhibitrices. L’extrait EtOAcAP a montré un profil cytotoxique plus favorable sur les cellules non tumorales et une activité antinéoplasique plus forte (IC50 = 6,7-14,68 µg/mL) que EtOAcR (IC50 = 8,73-23,67 µg/mL). Le test d’irritation cutanée réalisé avec EtOAcAP à des concentrations dix fois supérieures à la concentration minimale inhibitrice a donné un indice d’irritation primaire égal à zéro (aucune irritation cutanée observée).
Conclusion : L’extrait EtOAcAP s’est révélé un agent antistaphylococcique efficace, bien toléré par la peau, doté d’une forte activité antinéoplasique et d’un effet antibiofilm à concentrations sous-inhibitrices, ce qui ouvre des perspectives pour son développement comme produit naturel destiné à des applications cutanées spécifiques en pratique médicale.