Vers une approche moderne de l’usage traditionnel : évaluation in vitro et in vivo du potentiel cicatrisant d’un gel d’Alchemilla vulgaris L.
Référence : Journal of Ethnopharmacology 2019. — PMID 30904703 · DOI 10.1016/j.jep.2019.03.016 Type : etude in vitro et in vivo · Plante : Alchemille commune · Propriété → Peau Accès : abstract seul (PubMed) Fidélité : traduction intégrale et fidèle du texte des auteurs. Appels [n] omis ; figures/tableaux « [ ] ».
Résumé
Pertinence ethnopharmacologique : Alchemilla vulgaris est un remède important dans la médecine populaire européenne, connu pour ses propriétés astringentes et anti-inflammatoires ; il est traditionnellement utilisé pour guérir les maladies gynécologiques et gastro-intestinales. Malgré son usage folklorique dans la cicatrisation des plaies, il manque des données scientifiques pour étayer cette application thérapeutique.
Objectif de l’étude : Analyser le potentiel cicatrisant de différents extraits d’A. vulgaris obtenus avec divers solvants, en tant que tels et après incorporation dans des hydrogels comme véhicules topiques, au moyen de deux méthodes complémentaires : un essai de cicatrisation in vitro avec des fibroblastes L929 et une évaluation in vivo du potentiel de réparation de la barrière cutanée. Outre la justification scientifique de l’usage traditionnel, nous avons cherché à souligner l’importance d’un véhicule approprié pour les extraits de plantes. L’activité cicatrisante a été reliée au profil chimique des extraits étudiés, à leurs propriétés antioxydantes, mais aussi au pH des gels étudiés et à leurs caractéristiques mécaniques.
Matériels et méthodes : L’activité antioxydante des extraits étudiés a été estimée à l’aide des modèles du 2,2-diphényl-1-picrylhydrazyle et du β-carotène/acide linoléique. Le profil chimique a été établi par des méthodes spectrophotométriques et HPLC. Un essai de rayure in vitro avec des fibroblastes L929 et une étude in vivo du potentiel de réparation de la barrière cutanée d’hydrogels contenant des extraits d’A. vulgaris sur peau humaine, utilisant des mesures biophysiques, ont été réalisés afin de confirmer le potentiel cicatrisant d’A. vulgaris. L’analyse de texture des gels a été effectuée parallèlement aux mesures du pH.
Résultats : Tous les extraits et gels testés ont accéléré le processus de cicatrisation des plaies, tandis que l’effet de l’extrait éthanolique sur la migration des fibroblastes était le plus marqué. Le degré le plus élevé de fermeture de la plaie a également été observé pour l’extrait éthanolique. L’effet le plus favorable sur la cicatrisation in vitro a été observé pour le gel contenant l’extrait propylèneglycolique. Les résultats de l’étude in vivo étaient en accord avec les résultats in vitro. Le potentiel cicatrisant peut être attribué aux composés phénoliques trouvés dans les extraits d’A. vulgaris, au faible pH des gels et à l’activité antioxydante satisfaisante des extraits. Les paramètres obtenus par analyse texturale indiquaient des propriétés mécaniques satisfaisantes des gels, pertinentes pour une application topique.
Conclusion : Notre étude apporte des preuves pharmacologiques de l’usage folklorique d’A. vulgaris dans le traitement des plaies, particulièrement après incorporation dans un hydrogel, et souligne l’importance d’un véhicule approprié pour l’incorporation d’extraits de plantes destinés au traitement topique.
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