Aristoloche clématite — croisement des données : lien entre la néphropathie endémique des Balkans (BEN) et la distribution d’Aristolochia clematitis, la pollution et le lignite pliocène (2026)

Source : PMID 41863058 · Étude écologique/épidémiologique · (abstract seul)

Objectif

La néphropathie endémique des Balkans (BEN) est une maladie rénale chronique à forte morbidité et mortalité dans certaines zones rurales du Sud-Est de l’Europe. Si l’exposition aux acides aristolochiques (AA), phytotoxines de la plante Aristolochia clematitis, a été confirmée comme cause directe, le rôle potentiel des composés cancérogènes et des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) issus de la pollution de l’air et des gisements de lignite pliocène reste insuffisamment exploré.

Méthodes

Les auteurs ont appliqué des simulations de Monte-Carlo pour examiner la co-occurrence des localités BEN avec (1) la présence prédite de l’espèce A. clematitis, (2) les gisements peu profonds de lignite et (3) des paramètres clés de qualité de l’air (PM 2,5, PM 10, NO2, NOx, O3).

Résultats

A. clematitis est fortement associée aux sols neutres ou légèrement alcalins, aux températures douces et aux zones de végétation modérée, à proximité des plaines inondables, des terres agricoles et des zones urbaines. La probabilité de présence d’A. clematitis était significativement plus élevée dans les localités BEN (0,55) que dans les localités témoins (0,35) et les localités aléatoires (0,39). Les villages BEN étaient souvent situés au sein de gisements de lignite (25 % contre 7 % pour les localités témoins et aléatoires) et exposés à des niveaux de polluants atmosphériques significativement plus élevés. La distribution des zones BEN prédite à partir de ces variables a correctement identifié les localités BEN connues ainsi que des régions supplémentaires à risque élevé de BEN.

Conclusion

Ces résultats suggèrent une origine complexe et multifactorielle de la BEN, portée par les AA mais aussi par des co-expositions aux HAP. Réduire le risque de BEN exige une approche interdisciplinaire associant l’amélioration des pratiques agricoles, un contrôle ciblé de la qualité de l’air et une remédiation environnementale pour atténuer à la fois l’exposition aux AA et aux polluants.